Rencontre avec GOODŸ, artiste plasticien.

C’est en plein centre ville du Moule que l’artiste plasticien GOODŸ a pris ses quartiers, le temps d’une exposition de sa collection de 2010. Il y est tous les jours (même les dimanche et jours fériés) jusqu’au 22 juin 2012.
Il met un point d’honneur à être présent afin d’accueillir tout un chacun, et prend le temps d’échanger points de vues et critiques.
Voici le « résumé » de notre entretien :

GOODŸ, quels furent Les prémices de ton parcours artistique ?

 » Pawkouw an mwen pa ni pon sans! « 
Mon parcours artistique n’a aucun sens logique au regard de certains, mais il n’est pas pour autant atypique dans le milieu artistique Guadeloupéen. Certains ont eu des parcours bien plus bizarres que le mien. J’ai « fait » des Bac, un Deug, un BTS de gestion, deux ans de Médecine, j’ai travaillé en tant que commercial, marchandiseur, jusqu’au jour où j’ai décidé que je voulais vivre de la peinture .

A mes débuts je dessinais beaucoup, je dessinais puis j’appliquais de la peinture, mais je trouvais que cela ressemblait plus à du coloriage qu’à de la « Peinture », il manquait une force, une puissance… J’ai rencontré des jeunes comme moi qui avaient fait des Ecoles des Beaux Arts, dé boug’ kon EDAU, STONKO LEWEST, qui m’ont poussé à faire de la peinture.
Alors j’ai supprimé le dessin, et je me suis mis à peindre, j’ai totalement fait abstraction de ce que je savais faire.
J’ai commencé à jouer avec les formes, couleurs, ombres et lumières.
Ma formation de base est scientifique, alors mes réflexes sont très géométriques, je coupe des plans, je les additionne, les soustrais, etc.

Quand j’eu compris le jeu des couleurs, j’ai commencé véritablement à m’amuser avec elles, parce qu’au fond l’artiste est un grand enfant et cela malgré les préoccupations très sérieuses de vie personnelle.
De cette abstraction totale, j’ai réintégré le dessin et je suis passé au néo-figuratif.
Beaucoup de choses se mélangent dans mon travail, je n’ai pas fait d’école d’Art, je ne me préoccupe pas de savoir dans quel style l’on me classe, mon souci est de pouvoir continuer à créer. A partir du moment où je peins avec sincérité, c’est bon!

A force de peindre dans la rue, notamment avec Joel Nankin, de faire des performances artistiques lors de soirées, concerts, comme celui de Dédé St – Prix ou de feu Patrick St Eloi, j’ai commencé à acquérir une certaine vitesse d’exécution. Je dessine dans ma tête ce que je transpose en couleur sur mon tableau. Le monde m’inspire, j’essaye d’incorporer du sens ou de l’essence dans mes oeuvres, non pas un sujet précis, mais plus un environnement, une sensation, auxquels je donne forme.

Mon prénom commençant par la lettre G ( Gilles), j’ai pris comme pseudonyme GOODY, car j’avais du mal à signer mes toiles avec mon propre nom, j’avais du mal à reconnaitre que c’en était moi l’auteur. J’aimais ce que je faisais, je me disais souvent « good » ; j’y ai rajouté le « y » pour faire plus sympathique, drôle, ce qui me correspond aussi.  Au dessus de ce « y », j’ai mis deux points qui symbolisent mon regard sur l’évolution de ce monde.

Ma dernière exposition individuelle remonte à 2010, elle a durée sept jours, c’était à l’occasion de mon anniversaire. Aujourd’hui je suis parrain de la Galerie des Indépendants, où exposent des artistes amateurs au Gosier (Ndlr : Biennale culturelle initiée par la Direction des Affaires Culturelles et touristiques de la Ville du Gosier, du 19 mai au 9 juin 2012 à la Médiathèque Raoul Georges Nicolo).
J’ai exposé 10 pièces à la Fondation Clément en Martinique (fondation d’entreprise du groupe B. HAYOT), malgré ce que l’on peut légitimement revendiquer face à la Pwofitasyon des grands patrons comme Hayot , je suis satisfait de ma participation car mon travail et moi – même avons été traités avec respect, et les conditions d’exposition étaient excellentes, et cela est très important pour moi en tant qu’artiste.

Artiste Plasticien, un métier  » professionnel  » ?

« Métyé an mwen sé dè kréyé,
mwen sé on awtist plastisyen… »

L’on devient « professionnel » en ayant une « attitude » de professionnel, à force d’analyses sur son propre travail, non pas parce que l’Etat te définit comme tel. Malgré certaines difficultés j’apparais dans le livre « Anthologie de la Peinture en Guadeloupe » produit par la Région Guadeloupe, mais je pense que même si je n’étais pas présent sur ce type d’ouvrage je continuerais à peindre.
Dès mes débuts j’ai pris l’initiative de m’inscrire à la Maison Des Artistes en  2001, à la ADAGP pour la protection de mes images en 2009, j’ai ainsi décidé que j’allais en faire mon vrai métier, malgré l’incompréhension de ma famille.
Beaucoup d’Artistes dit « professionnels » en Guadeloupe ne font pas cette démarche, ils passent par le biais d’associations qui facturent pour eux, qui font leur promotion, qui en quelque sorte leur servent de support…
Moi, je l’ai fait surtout pour que l’on respecte ma condition d’artiste professionnel des Arts Visuels, et aussi afin de servir d’exemple à tous ceux qui veulent prendre cette voie pour que l’on ne soit pas considéré, comme cela ce fait souvent ici en Guadeloupe, comme des « gagne-petit » qui font cela pour arrondir les fins de mois.

Que penses – tu de la mouvance artistique en Guadeloupe ?

 » Sé lè ou ka éséyé tann vèw lèksélans kè ou ka riské bon, si ou senplèman ka éséyé fè – y byen, ou ka riské fò d’èt médiòk« .

Toutes initiatives autour de l’Art en Guadeloupe sont bonnes à condition que cela soit fait dans le respect de l’Art, non pas de l’Art de « Faire », dans le respect des artistes, et que l’on essaye toujours de tendre vers l’Excellence.
Ce sur quoi j’aimerais apporter des critiques dans un premier temps, serait sur le fait d’améliorer la relation entre artistes et publics ; par exemple sur 25 exposants à la Galerie des indépendants dont je suis le parrain, bien qu’amateurs, il est arrivé qu’aucun ne soit présent pour accueillir, interagir avec le public.
D’autres part, je ne suis pas contre le fait que certains veuillent faire du bizness autour de l’Art en Guadeloupe, mais je souhaiterais que cela se fasse bien, beaucoup s’improvisent « galéristes », et je ne suis pas sûr que tous s’acquittent des droits qui doivent être versés, lorsque l’on expose un artiste.

Je trouve inconcevable que des personnes ici en Guadeloupe, qui touchent des subventions pour créer des évènements afin de faire exposer des artistes locaux les fassent payer pour exposer et qu’en plus, demandent un pourcentage sur la vente de leurs oeuvres; la relation doit être gagnant – gagnant.
De part la création, avec la collaboration de l’entreprise PIXEL, de cette espace de monstration au Moule, je souhaite prouver qu’avec peu de moyens, un peu de jugeotte, avec le respect du public, sans subventions de la Région, l’on peut faire des choses presque excellentes, car il y a encore des choses à améliorer.

Il y a peu, tu as gagné le deuxième prix du Concours Déco 2012 du RUNNING EXPO à Paris :

Oui, la société OPA de Jean – Yves SEREMES (OUTREMER PROMOTION AUTREMENT) et moi – même, avons monté un super projet, que nous avons proposé au CTIG (Comité de Tourisme des îles de la Guadeloupe) qui malheureusement ne nous a pas totalement suivis.
Ce projet nous l’avons fait valider par l’ASO (AMAURY SPORT ORGANISATION), une entreprise qui gère les évènements comme le Tour de France, le Marathon de Paris et bien d’autres, avant de le proposer au CTIG, c’est un dossier clé en mains que nous leur avons fourni.
En marge de l’évènement du Marathon de Paris, il y a le RUNNING EXPO, un salon qui dure sur 4 jours et 180 pays ainsi que les plus grandes marques de sport y sont représentés, des télévisions de tous pays, etc.

En terme de représentativité des produits, savoir – faire, et activités de notre région, il peut y avoir des retombées importantes, c’est l’opportunité de toucher 180 pays directement en 4 jours, ce qui n’est pas faisable avec d’autres salons comme TOP RESA (le salon professionnel du tourisme et des voyages) par exemple.
Au Marathon de Paris, des entreprises Guadeloupéennes sont aujourd’hui les fournisseurs officiels en ce qui concerne les décorations florales, traiteurs etc…Comme dit Jean – Yves Seremes : « sans les confettis de l’Empire la France n’aurait guère eu de Champions », mais c’est aussi l’occasion de montrer que nous pouvons fournir aussi autres choses que des champions sportifs, nous pouvons aussi fournir de la matière grise, du savoir – faire, des produits frais, etc.
Avec un petit budget 15 000 € nous avons réalisé un stand qui se matérialisait par une caravanne américaine sur laquelle nous avons fait un total covering (habillage de la carrosserie) représentant les diversités culturelles et activités économiques de notre région ; nous avons aussi aménagé l’intérieur.
Nous avons ainsi gagné le deuxième prix du Concours Déco 2012 avec un budget six fois moindre que celui qui a gagné le premier prix, mais le but premier était de valoriser et promotionner notre région dans un salon international.

Ce qui malheureusement me peine pour la Guadeloupe, est qu’il n’y a pas eu une photo du stand, pas même un résumé de ce que nous avons réalisé avec le CTIG, cela n’a pas été médiatisé ici en Guadeloupe.
Mon souhait aujourd’hui serait que le CTIG et la Région Guadeloupe poursuivent ce travail, qu’il y ait une continuité, une pérénité, que ce type de projet dure dans le temps.

Parlons maintenant de ton actualité, ton exposition à la ville du Moule :

Nous sommes exactement au 41 Rue Gaston Monnerville, ce qui en Guadeloupe ne veut pas dire grand chose, car nous avons pour habitude de nous situer par rapport à un commerce, maison de telle ou telle couleur pour indiquer une adresse.
J’expose dans les locaux de l’entreprise PIXEL avec laquelle je travaille, qui a la volonté d’ouvrir une succursale ici au Moule.

Nous travaillons ensemble et nous nous sommes dit qu’étant donné qu’il était urgent d’ouvrir le commerce en tant que tel, développons une idée que nous avions depuis un moment, et montrons l’idée que nous nous faisons de l’Excellence. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, à ce qu’il parait ; en 3 semaines nous avons monté cette expo, fait des travaux, écrasé de – ci de – la, fait des reprographies de mes oeuvres etc, les seules contraintes furent d’ordre technique.


Il y a d’un coté 7 oeuvres originales de ma collection 2010, et de l’autre coté nous avons créé un espace à deux niveaux pour permettre à tout un chacun de pouvoir accéder à l’Art en ayant la possibilité d’acquérir une reprographie des mes oeuvres datées et signées par mes soins, ainsi que des produits dérivés. les reprographies sont en éditions limitées et authentifiées, pas plus de dix reproductions par oeuvre.

Article, Photos: JM Karey, 2012

2 Replies to “Rencontre avec GOODŸ, artiste plasticien.”

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s