Vu sur le web

Artistes : Dixie Ann Archer-McBain et Everard J. McBain Jr

Studio : http://gemgfx.com (Trinidad and Tobago)

Regardez la toute nouvelle bande-annonce du prochain court métrage animé indépendant basé sur le roman graphique « Celflux Reluctant Heroes« .

Lire en ligne gratuitement > http://celflux.com

Vidéo

L’art d’entreprendre & d’investir dans l’Art

L’Art avec un grand « A » ne consiste pas uniquement à produire en quelques taches de peintures sur une grande toile des images hermétiques… Il y a de multiples et diverses techniques de création qui participent aux expressions de l’humanité : les dessins-animés en font partie.

Depuis plusieurs décennies maintenant, en tant que support de divertissement, ces petits films que nous connaissons bien façonnent allègrement l’imaginaire de nos tous petits. Nous savons l’influence culturelle qu’ont les créations audiovisuelles populaires sur les comportement voire les développements des enfants et des personnes de manière générale.

Aussi, c’est dans ce sens que la directrice artistique et fondatrice du festival ANIMAE CARIBE à Trinidad & Tobago, Camille SELVON-ABRAHAMS, vous propose de participer à l’émergence de projets caribéens de séries animées. Cela elle nous enjoint de le faire de manière participative à travers un appel à contribution pour la réalisation de 4 projets.

Pour en savoir plus et y contribuer regardez la vidéo qui suit ou cliquez sur le lien en-dessous.

Pour aider, c’est par là > https://apura.org/project/214/realizing_4_animae_caribe_films

Des brides et…

Le terme « chaben » (pron. : chabin), est à l’origine le nom donné à l’animal hybride issu de l’accouplement du bélier et de la chèvre. Aux Antilles, c’est une appellation qui a été transposée (comme d’autres) à une catégorie de personnes aux teints clairs et aux traits d’africains sub-sahariens, anciennement dits « négroïdes » (!?)…

Ici, il s’agit du surnom de Gaston GERMAIN-CALIXTE, un célèbre chanteur de veillées mortuaires traditionnelles, décédé en 1987. Ce livre, sortie aux Éditions Neg Mawon, écrit par Marie-Line DAHOMAY traite de la biographie de l’homme, de même que de l’étude de l’œuvre de l’artiste. Son parcours personnel très singulier ainsi que ses chansons aux paroles aussi imagées que parfois explicites ont suscités l’intérêt de l’auteure, elle-même artiste et responsable du Fonds de Collecte des Traditions Musicales et Dansées de la Guadeloupe à la Médiathèque Caraïbe (Basse-Terre, Gpe).

L’ouvrage est très documenté et comporte de nombreuses photos, ainsi que de nombreuses illustrations (de notre ami Kafé).

Cet ouvrage sera certainement un incontournable pour ceux qui savent le fond culturel antillais profondément plus riche que ce qu’en ont jamais montré les médias. Et pour ceux qui souhaitent connaître et comprendre une partie de la Guadeloupe des années 60 (en particulier), ils trouveront là de nombreux repères notamment concernant la période qui nous propulsera plus que jamais dans la société de consommation…

 

La Guadeloupe tourne de l’œil ?!

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Le milieu de l’audiovisuel et du cinéma local est depuis quelques mois en véritable ébullition. Car après avoir chauffé pendant quelques années, c’est maintenant à une salve continue de « bulles » audiovisuelles à laquelle nous avons droit. Et ce n’est qu’un début…

Notre archipel est difficilement visible sur une mappemonde mais – Fichtre ! ou FOUT ! – ce qu’il est résonnant ; à défaut d’être raisonnable (pour certains) ou suffisamment résigné (pour d’autres)…

Ainsi, pendant que des Teddy RINER et Didier DINART continuent d’illuminer les rêves de « grandeur » d’une communauté par les exploits de leurs corps, ici dans leur pays d’origine, c’est l’association Ciné WOULÉ Guadeloupe et le festival « FEMI » qui peuvent se targuer d’être les initiatives populaires et publiques actuellement les plus anciennes et les plus en vue, en ce qui concerne le cinéma, et qui projettent les rêves du monde sur l’écran « stratégique » que constitue l’arrière de nos cabèches.

Maintenant, à côté de cela, nous avons des « soirées-films » qui jaillissent un peu partout, depuis quelques années. Les associations dédiées à la promotion des métiers de l’audiovisuel et les activités afférentes pullulent. Des projets de complexes de salles de cinéma s’évaporent ici et coulent par-là. Les formations professionnelles se montent et se démontent. Des concours apparaissent et disparaissent. Nous sommes comme balancés par une valse soutenue de projets et d’idées préparées souvent bien en amont… de ce que l’on peut en voir.

Que se joue-t-il dans ce milieu ?

Dans notre pays – au départ très mentalisé et au final départementalisé – la communication des idées et leur circulation est un enjeu tout aussi important que la gestion des fonds européens…

« Les informations », d’où qu’elles viennent et de quelques formes qu’elles soient, « doivent » être contrôlées, selon certains. Derrière la structuration poussée et l’organisation hautement hiérarchisée des institutions en charge du cinéma et de l’audiovisuel se cache beaucoup plus qu’une simple mise en forme de la défense ou de la promotion des métiers qui s’y rattachent. L’aspect économique qui est très souvent mis en avant est le pendant de l’aspect politique qui sous-tend la diffusion d’une création artistique qu’est une oeuvre audiovisuelle et vice-versa.

Des premières grippes mortelles contractées par une grande partie de nos ancêtres amérindiens à l’arrivée des premiers européens, jusqu’à l’éternuement du spectateur trop rafraichi par la forte climatisation d’une salle de projection lors de la dernière séance en pleine semaine, l’accès aux idées des populations et par les populations, a toujours été une grande source de convoitise. La raison principale à cela est simple : le contrôle de l’un sur ce que pense l’autre lui assure maîtrise et pouvoir sur ce dernier. L’exemple du zèle avec lequel un Père Breton s’est évertué à produire un dictionnaire Caraïbes-Français au 17ème siècle, n’est pas dû à une volonté de partage comme le disent certains… C’est que cela lui permettait d’accéder à la pensée abstraite et donc à l’imaginaire de ses sujets… d’étude. Car son objectif primordial, en tant que bon soldat-missionnaire dominicain, est la conversion d’un maximum de personnes à la forme de pensée qu’il défend, au dépend des autres ! Cette marche militaire religieuse forcée continue puisque, par exemple, les traductions de la Bible des chrétiens et d’autres ouvrages en langues « créoles » continue encore aujourd’hui. [En ce moment, une vague de films « antillais » et/ou en « créoles » est aussi « favorisée » principalement en direction de « l’étranger » avec comme corollaire la grâce des moyens financiers nationaux et européens. Dans le même temps, les 3 quarts des  populations d’origine de ces productions ignorent l’existence de ces créations (?!)…] Aussi, la polémique continue qui poursuit l’exposition permanente du musée Mémorial ACTe est un exemple proche dans la forme de la problématique que nous soulevons ici. Une mouvance franc-maçonne revendique ici dans ce lieu et ostensiblement son caractère abolitionniste, alors qu’opportuniste, après avoir été historiquement foncièrement esclavagiste. Ce deuxième point semble ne pas être « digne » d’être remémorer publiquement apparemment… Sa ki vlé konpwann konpwann !

Dans la continuité de ce que nous déclarons plus haut, le cinéma n’est donc pas qu’un produit de divertissement, mais bien un objet culturel plus ou moins immatériel qui communique et qui fait sens de par sa forme, son contenu, l’endroit où il s’exprime et la manière dont il se partage.

Dans notre chère Guadeloupe déchirée entre l’absence d’eau courante dans de nombreux robinets flambants neufs et le trop plein de morts violentes, écartelée entre un désir d’existence et une contrainte de résistance, les acteurs de la création et diffusion d’images animées ne sont pas en reste. Le discours du « pas assez » laisse place indubitablement au « suffisant » et frise le « twòp » . Car l’odeur de la marmite commence à se faire sentir de part et d’autre de notre bande d’iles.

La création locale intéresse-t-elle vraiment et qui ?

Notre pratique bien qu’associative mais profonde et durable nous permet d’avoir une lecture intéressante de ce pan de la société ici-bas. La constante : rien de nouveau sous le soleil des vidéo-projecteurs. À l’image de tout le reste, la consommation locale de production locale demeure le parent pauvre des stratégies de développement diverses à l’œuvre ; non pas parce qu’elle n’est pas suffisante ou de qualité. Non, là encore, les acteurs (dans tous les sens du terme) feignent de voir une réalité qui pourtant crève les yeux ou les écrans. Le public veut voir le cinéma d’ici et des gens d’ici.

Mais le « ici » comme dans tous les secteurs économiques et sociales est perçu comme une tare plutôt qu’une qualité, parce qu’interprété systématiquement comme un enfermement. Là où d’autres décrètent la protection de certaines formes d’expression de leurs sociétés, ici, nous participons à notre propre noyade culturelle au profit d’autres formes, sous couvert d’ouverture intellectuelle et de développement économique (?). Englués ou camouflés dans une idéologie « créoliste »,  beaucoup d’entre-nous devenus chantres « créolites » par excellence, revendiquent et vantent les vertus d’un être-au-monde bric-a-brac, forme de « Légo » spirituel, où comme par hasard la part européenne s’identifie clairement et systématiquement, mais où aussi les parties africaines et caribéennes sont plutôt flous voire « flouées » et maintenues dans un halo d’ignorance(s)  et de fantasme(s) perpétué(s) encore et encore.

Nous rappelons simplement, que nous n’avons globalement jamais eu aucun effort à fournir pour accéder aux idées du monde dominant puisqu’elles se sont toujours imposées à nous (souvent par la violence d’ailleurs, et en tous cas par la force). En d’autres termes, là où certains revendiquent l’ouverture à l’autre, ils ne font rien d’autre que défoncer des portes grandes ouvertes et sans serrures. Ainsi, à l’heure des développements personnels et durables, il est curieux de constater le soin avec lequel diverses organisations s’épanchent éperdument dans une démarche universalisante, alors même que la richesse artistique et productive locale est méconnue, repoussée voire méprisée par des méthodes subtiles de gestion notamment dans la diffusion…

Chez nous, ainsi, plutôt qu’un humain en particulier afro-descendant et à peau foncée, il est donc préférable d’être une plante médicinale ou un lamantin. Car là, visiblement le sentiment de considération voire les concepts de protection et de réparations semblent des attentes très aisées à concevoir (!?).

C’est pourquoi notre association s’évertuera toujours à insister sur « l’ici », et à l’ouverture sur soi-même, car nous le méritons et parce que nous le devons.

À BON « REGARDEUR »…

(à suivre…)

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Avancée(s) par le(s) passé(s)

À l’instar des très nombreux blogs et sites d’artistes graphiques, nous, à Yé Clik, nous nous arrêtons volontiers sur la forme du fond, plus que sur les fonds des formes. Ainsi, aujourd’hui, nous faisons un retour sur trois ouvrages.

Dans ces temps où beaucoup de parents peuvent peiner à savoir quels supports éducatifs  et culturels acquérir pour leurs enfants, face à l’immensité qu’il semble y avoir dans le choix, voici une sélection pour ceux qui s’intéressent aux cultures des antilles françaises.

Aujourd’hui, voici 3 jolis bouquins martiniquais :

« Encyclomerveille d’un tueur – L’Orphelin de Cocoyer Grands-Bois » sortie en 2009, aux Editions DELCOURT, dans la collection « Terres de Légendes » est une BD de style « héroic-fantasy » qui s’adresse surtout aux adolescents. Dessiné par Thierry SEGUR et scénarisé par Patrick CHAMOISEAU, c’est un univers fantasmagorique composé de nombreuses références aux croyances traditionnelles caribéennes qui s’ouvre devant nos yeux. La superbe qualité des dessins est portée par une mise en page qui invite souvent à une vraie « plongée » dans l’aventure initiatique d’un jeune orphelin.

Le deuxième ouvrage, une histoire de Thierry MELSAN illustrée par notre ami André AUGUSTE-CHARLERY est un livre paru en 2010 chez K-éditions, « La ferme de Papa Vivi » intéresserait plus à un public d’enfants. Dans cette histoire réaliste, qui se déroule dans la campagne martiniquaise, c’est selon nous comme une « fresque » des rapports sociaux dits de « bons voisinages » qui se déroule sous nos yeux.

Notre troisième sélection du jour est une bande-dessinée d’Olivier Marie-Rose : « Titim, Bwa sèk ! » sous-titré « Combien faut-il de chemises pour passer un bon dimanche ? ». Les « tim tim » ou « titim » sont les devinettes qui fusaient et jalonnaient les soirées de veillées mortuaires autrefois. Durant ces 54 pages pour tous publics, un petit garçon répond à une ribambelle de « titim » de son grand-père au gré des diverses taches qu’ils accomplissent dans le jardin de papi…

Pou tou sa ki ka chèché ba pitit a-yo kenbé on chimen yo touvé « bon » lè yo-menm-a-yo té piti, nou ka konséyé yo achté sé liv lasa.

Dòt ka vini dèyè…

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« Caribeverse » ou le multivers caribéen d’Antoine SPYRO

Antoine est un artiste autodidacte à l’univers singulier et débridé (horror, gore) qui a demandé à rejoindre l’association « Yé Clik.com » en 2012, suite à la visite régulière de notre blog. Accompagné de sa mère qui le soutient comme il se doit dans toutes ses démarches, à l’époque, il nous a présenté un florilège de planches de bandes-dessinées qu’il écrivait et dessinait depuis plusieurs années déjà. Il vit et travaille à Sainte-Rose en Guadeloupe.

Mais voilà, atteint d’autisme à un degré pas forcément perceptible au premier abord, il ne maîtrise pas les 3 langues qu’il parle et cherche à écrire : le guadeloupéen, le français et l’anglais. Aussi, cela a renforcé la surprise que nous avions à découvrir la qualité et la quantité de ses productions. Ainsi, face à sa volonté farouche d’exprimer ses idées publiquement, nous avons décidé de l’accueillir dans notre structure.

Nous avons choisi de l’accompagner dans la réalisation technique de son premier album « Caribeverse ». Durant plusieurs mois, Sylvain, Dominique et Luk ont travaillé bénévolement avec Antoine sur la correction de son scénario et sur certains aspects techniques, de la mise en forme des planches à leur publication en ligne sur Lulu.com.

Aujourd’hui, en ce mois de décembre 2016, sa BD est enfin disponible à la vente en version papier ou en version téléchargeable. L’achat que vous effectuerez sera versé directement à Antoine, après retenu des frais techniques de Lulu.com.

Dans un contexte local où il est « traditionnellement » mieux vu de « s’abreuver » du monde plutôt que d’y contribuer, nous sommes fiers d’avoir pu contribué à l’expression d’une telle personnalité dans l’espace public.

ACHETER « Caribeverse »

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BUY ‘Caribeverse’

Antoine is a self-taught artist with a singular and unbridled universe (horror, gore) who asked to join the association ‘Yé Clik.com‘ in 2012, following the regular visit of our blog. Accompanied by his mother who supports him in all his efforts at the time, he presented us with an anthology of boards of comic strips that he had written and drawn for several years already. He lives and works in Sainte-Rose, Guadeloupe.

But now, autist to a degree not necessarily perceptible at first, he doesn’t master the three languages he speaks and seeks to write: Guadeloupean, French and English. Also, this reinforced the surprise that we had to discover the quality and quantity of its productions. Thus, faced with his fierce will to express his ideas publicly, we decided to welcome him in our structure.

We chose to help him in the technical realization of his first album « Caribeverse ». For several months, Sylvain, Dominique and Luk volunteered with Antoine on the correction of his scenario and on certain technical aspects, from the formatting of the boards to their online publication on Lulu.com.

Today, in December 2016, his comic book is finally available for sale in paper or downloadable versions. The purchase you make will be paid directly to Antoine, after deduction of the technical expenses of Lulu.com.

In a local context where it’s « traditionally » better to « drink » the world rather than contribute to it, we are proud to have contributed to the expression of such a personality in the public space.


More articles about Antoine > https://yeclik.wordpress.com/?s=Antoine+SPYRO&submit=S